Une caissière épuisée fait une fausse couche derrière sa caisse

Enceinte de deux mois, une femme de 23 ans a fait une fausse couche sur son siège, derrière sa caisse, fin novembre. Elle accuse la direction du Auchan City de Tourcoing de lui avoir refusé une pause alors qu’elle était prise de douleurs insupportables et de nausées.

La jeune femme livre un témoignage glaçant.

La CGT a publié sur les réseaux sociaux le témoignage de Fadila, encore sous le choc, qui impute cet événement dramatique au manque de considération de sa hiérarchie pour son état. La direction aurait refusé les aménagements de planning et les demandes de pauses-toilettes de la jeune femme souffrant de fortes nausées.

Le 21 novembre, de retour d’un arrêt maladie, la jeune femme est prise de fortes douleurs abdominales : « c’est comme si on me plantait des coups de couteau », raconte-t-elle dans un entretien publié par la CGT sur Facebook. Elle demande de l’aide, un Doliprane, en vain : supérieurs, accueil, sécurité, tous la renvoient vers un autre interlocuteur, si bien que Fadila reprend le travail malgré les douleurs.

Au bout de quelques temps, celle-ci se rend compte que son siège et son pantalon sont « blindés de sang ». Paniquée, elle ferme sa caisse. Son supérieur la réprimande, puis, constatant son état grave, il la fait asseoir.

« Le responsable de la sécurité est venu me chercher, muni d’un fauteuil roulant. Il appela les pompiers, qui arrivèrent très vite.

Ces derniers me demandèrent si j’avais pu aller aux toilettes. Je leur répondis que j’en avais été empêchée. Ils m’invitèrent à m’y rendre dans l’immédiat. Ce que je fis.

Mon sang ne cessait de s’écouler, c’était interminable. Finalement, je sortis, et un pompier muni de gants alla chercher un fœtus dans la cuvette et m’annonça la perte de mon bébé. » 

La direction du Auchan City de Tourcoing mise en cause

La jeune caissière « en contrat de professionnalisation » réclame la reconnaissance de son accident de travail. Après une nuit à l’hôpital, Fadila s’est entretenue au téléphone avec sa supérieure : « Il faudra ramener le justificatif », lui aurait-elle rétorqué, lui demandant également si elle pouvait revenir travailler le lendemain. « La façon dont on lui a parlé lui a cassé les jambes, elle a pris un coup« , témoigne Samuel Meegens, secrétaire général de l’Union locale CGT Tourcoing. Au final, Fadila n’aura reçu que 350,64 euros de salaire pour le mois de novembre : « La période d’arrêt consécutive à ce drame personnel ne m’a pas été rémunérée ».

Parole contre parole

La direction donne dans le Parisien une autre version : certaines des «choses dites sont inexactes», assure un responsable. La jeune employée n’aurait jamais émis de demande d’aménagement d’horaires, l’accès aux toilettes ne lui aurait jamais été refusé, l’équipe du magasin aurait été particulièrement à son écoute, prenant spontanément de ses nouvelles après son accident.  «Tout le groupe est attristé, poursuit le responsable. Le directeur des ressources humaines est à la disposition de notre salariée, elle sera reçue à son retour.»

Un magasin connu pour des pratiques managériales discutables

Dans le Auchan City de Tourcoing où Fadila a fait sa fausse couche, une affaire avait déjà fait grand bruit cet été. Une caissière avait été un temps licenciée pour une erreur de caisse de 85 centimes au mois d’août, puis réintégrée après scandale national et clarification des faits.

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