Plus de 53 000 femmes excisées en 2004 : depuis douze ans, la France ne dispose plus d’aucune statistique sur l’excision.

En cette Journée des violences faites aux femmes, un bilan s’impose sur l’excision, sujet particulièrement tabou, qui touche au bas mot 53 000 femmes en France. Cela fait douze ans qu’aucune enquête statistique n’est menée sur l’excision en France, or les quelques chiffres dont nous disposons sur le sujet sont plus que préoccupants.

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L’excision est une mutilation génitale féminine qui vise à entraver le plaisir féminin voire à rendre le coït systématiquement douloureux. En vertu de superstitions religieuse, il s’agit de « purifier » la femme et de contrôler sa sexualité.

On distingue trois grands types d’excision :

  • La clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris.
  • L’excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans ablation des grandes lèvres.
  • L’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par ablation et couture des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans ablation du clitoris.

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(Dessins de Titouan Lamazou extraits de son livre « Femmes du monde ». Faisons abstraction de la teinte rosée.) 

En 2004, L’Institut national d’études statistiques (Ined) estimait à 53 000 le nombre de femmes de plus de 18 ans présentant une mutilation génitale en France. 11% des filles de femmes excisées sont elles-mêmes excisées. D’après cette étude, lorsque la mère est excisée, le risque d’être excisée est beaucoup plus élevé si la fille est née dans un pays à risque (Mail, Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Guinée) plutôt qu’en France.

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En France, une jeune fille née dans un pays à risque a 45% de chances d’être excisée, contre 3% chez les jeunes filles nées sur le territoire Français.

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Cette étude sous-estime probablement le nombre de femmes excisées, puisqu’elle ne comptabilise pas les jeunes filles mineures. Or il est fréquent que l’excision soit pratiquée avant que la puberté ne soit totalement achevée.

Plus inquiétant encore : depuis cette enquête de 2004, aucune nouvelle étude statistique n’a été réalisée sur les femmes excisées en France. Or, chaque année, la France accueille entre 62 000 et 70 000 personnes issues d’Afrique, dont beaucoup proviennent de pays pratiquant l’excision.

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Pendant ce temps, le magazine Slate invite les Françaises à « changer leur discours » sur l’excision et s’insurge de l’attitude « néocolonialiste » consistant à qualifier l’excision de « barbarie ».

Beau programme en perspective.

 

La Sol

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